La France confirme son statut de premier exportateur mondial de pommes de terre

Quand on parle d’exportations agricoles, on pense souvent au vin ou au fromage. Pourtant, dans l’ombre, une autre star française brille très fort à l’international : la pomme de terre. Discrète, modeste, mais redoutablement efficace. La France vient de confirmer son statut de premier exportateur mondial de pommes de terre, et les chiffres donnent presque le vertige.

3,8 millions de tonnes exportées : un nouveau record pour la pomme de terre française

Sur la campagne 2024-2025, la France a expédié près de 3,8 millions de tonnes de pommes de terre. C’est environ 8 % de plus qu’un an plus tôt. Autrement dit, le record de la campagne 2023-2024 vient déjà d’être dépassé.

Dans un contexte où de nombreuses filières agricoles françaises souffrent et voient leur balance commerciale se dégrader, la filière pomme de terre fait figure d’exception. Elle avance à contre-courant. Plus de volumes, des débouchés solides, une organisation bien huilée. Ce n’est pas un hasard, c’est le résultat d’une vraie stratégie de long terme.

Belgique, Espagne, Italie : le trio de tête des clients de la France

Si la France exporte autant, c’est aussi parce que ses voisins européens en redemandent. Le trio de ses principaux clients reste inchangé : d’abord la Belgique, puis l’Espagne et l’Italie.

La Belgique à elle seule absorbe environ 45 % des volumes exportés par la France. C’est énorme. Ce n’est pas tant pour la consommation directe que pour l’industrie de transformation. Outre-Quiévrain, les usines de frites, de produits surgelés et de spécialités à base de pommes de terre tournent à plein régime et s’appuient largement sur l’origine française.

L’Espagne et l’Italie, de leur côté, restent des marchés essentiels. Elles apprécient particulièrement les volumes réguliers, la qualité constante et les variétés adaptées au marché du frais comme à la transformation.

L’Allemagne, le Portugal et l’Europe de l’Est dopent la dynamique

Au-delà de ce trio classique, d’autres pays renforcent clairement la position française. L’Allemagne, le Portugal et plusieurs pays d’Europe de l’Est ont boosté la dynamique en 2024-2025.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • Allemagne : environ 145 677 tonnes, soit une hausse proche de 40 % sur un an
  • Portugal : environ 232 463 tonnes, + 27 % par rapport à la campagne précédente
  • Europe de l’Est (plusieurs pays) : près de 284 183 tonnes, avec une progression d’environ 25 %

Au final, presque toutes les destinations européennes ont augmenté leurs achats de pommes de terre françaises. Une seule exception : le Royaume-Uni, qui recule d’environ 34 % sur un an. Mais attention, même avec cette baisse, les volumes livrés au marché britannique restent nettement au-dessus des niveaux observés sur les campagnes plus anciennes.

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Pourquoi la France domine le marché mondial de la pomme de terre ?

Ce succès ne tient pas à un seul facteur. C’est une combinaison de forces qui place la France au sommet. La filière s’appuie sur plusieurs atouts très concrets.

  • De grandes capacités de production : des surfaces importantes, des rendements élevés et une forte maîtrise technique.
  • Une logistique performante : stockage, tri, emballage, transport. Les pommes de terre voyagent bien, dans de bonnes conditions, et arrivent en temps voulu.
  • Une offre diversifiée : variétés pour le frais, la frite, le flocon, l’amidon, l’industrie. Chaque client trouve le produit qui lui convient.
  • Une exigence qualité : traçabilité, calibrage, régularité. Les acheteurs étrangers savent ce qu’ils achètent.
  • Une expertise à tous les maillons : producteurs, négociants, industriels, logisticiens. La chaîne fonctionne comme un ensemble cohérent.

Dans un paysage agricole parfois morose, cette filière montre qu’avec de la structure, de l’investissement et une vraie vision marché, la France peut encore se placer en tête au niveau mondial.

Un paradoxe : plus de volume, mais une valeur en léger recul

Il y a néanmoins un point plus nuancé. En valeur, c’est-à-dire en chiffre d’affaires, les exportations de pommes de terre ont légèrement reculé sur la campagne 2024-2025. On observe environ – 6 % sur un an, alors même que les volumes ont progressé.

Concrètement, cela signifie que la valorisation moyenne de la tonne de pommes de terre a baissé. Les prix à l’export ont été un peu moins favorables. Malgré cela, la France reste sur sa deuxième meilleure campagne en valeur depuis cinq ans. Le niveau global reste donc très élevé.

Seules deux destinations se distinguent par une vraie hausse en valeur :

  • Allemagne : environ + 11 % en valeur
  • Grèce : environ + 8 % en valeur

Pour le reste, la stratégie est claire : sécuriser des volumes, maintenir la présence sur les marchés, même avec des prix un peu plus bas, afin de conforter le statut de leader mondial.

Des importations aussi en forte hausse : un puzzle plus complexe qu’il n’y paraît

À première vue, on pourrait être surpris. Comment un pays qui exporte autant de pommes de terre peut-il en importer davantage en même temps ? Et pourtant, c’est bien ce qui se passe.

Sur un an, les importations de pommes de terre en France ont augmenté d’environ 24 % en volume. Mais il faut bien distinguer les usages. Une bonne partie de ces volumes ne vise pas le marché du frais pour les consommateurs, mais alimente surtout les outils industriels.

Les principales origines de ces pommes de terre importées sont :

  • Belgique
  • Allemagne
  • Pays-Bas
  • Royaume-Uni, qui progresse fortement sur cette campagne

Ces produits viennent notamment soutenir les usines françaises (les données du GIPT montrent aussi cet effet). Ils servent à fabriquer des frites, des produits surgelés, des préparations alimentaires variées. La France exporte donc beaucoup, mais fait aussi tourner ses usines avec des pommes de terre venues d’ailleurs quand cela est nécessaire ou compétitif.

À l’inverse, les importations venues du Sud de l’Europe, comme l’Espagne et l’Italie, sont en net recul. Leurs produits sont plutôt orientés vers le marché du frais, et la dynamique a été moins forte sur cette campagne.

Ce que cela dit de l’agriculture française aujourd’hui

La réussite de la pomme de terre française envoie un message assez fort. Oui, il est encore possible de construire une filière agricole qui gagne des parts de marché à l’export. Oui, un produit du quotidien, simple, peut devenir un véritable atout stratégique pour la France.

Dans un contexte de climat changeant, de pression sur les coûts, de concurrence internationale rude, voir une filière progresser en volume, consolider ses marchés, et maintenir un haut niveau de valeur, ce n’est pas anodin. Cela montre que l’organisation collective, l’innovation et la qualité régulière peuvent faire la différence.

La pomme de terre n’est peut-être pas le produit le plus glamour. Pourtant, derrière chaque barquette, chaque filet, chaque frite servie à l’étranger, il y a une histoire française de technicité, de logistique et de confiance commerciale. Et pour l’instant, cette histoire continue de s’écrire en lettres bien visibles : celles du premier exportateur mondial.

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Manon Giraud
Manon Giraud

Passionnée de gastronomie et d’art de vivre, Manon Giraud explore les saveurs du monde, les tendances du bien-être à la maison et l'univers de nos fidèles animaux. Experte SEO, elle met son savoir-faire au service de contenus optimisés qui allient expertise culinaire, idées voyage, conseils maison et actualités animalières. Toujours à l’affût des nouveautés et des meilleures astuces, elle partage son enthousiasme, son expérience et ses découvertes pour inspirer chaque jour une communauté soucieuse de qualité, de créativité et d’authenticité.

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